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	<p style="font-color:#000000;">
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	03/07 12:09:00 - P2P &#58; deux pirates relax&#233;s pour d&#233;faut d&#39;autorisation de la CNIL<br/><br/>
Voil&#224; deux d&#233;cisions&#40;&#42;&#41;  qui montrent &#224; elles seules le difficile &#233;quilibre du respect des droits et libert&#233;s en mati&#232;re de traque contre  la contrefa&#231;on&#46; Ces affaires&#44; r&#233;centes&#44; ont &#233;t&#233; jug&#233;es par la Cour d&#39;appel de Rennes le 22 mai et le 23 juin dernier&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Premi&#232;re affaire &#58; un freenaute <br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Dans la premi&#232;re affaire&#44; il s&#39;agissait d&#39;un freenaute qui avait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233; en avril 2005 par la SCPP&#46; Alors qu&#39;il t&#233;l&#233;chargeait des fichiers MP3 et AVI via le logiciel Direct Connect&#44; son adresse IP avait &#233;t&#233; identifi&#233;e &#224; l&#39;aide du logiciel Spyster&#44; sans qu&#39;aucune autorisation ne soit demand&#233;e &#224; la CNIL pour ce traitement automatis&#233;&#46; Spyster est un utilitaire capable d&#39;afficher une liste de toutes les adresses IP connect&#233;es sur votre machine&#44; ou celles sur lesquelles vous &#234;tes connect&#233;&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;En mai 2005&#44; les agents asserment&#233;s contactent la gendarmerie et le parquet de Nantes transmet une requ&#234;te aupr&#232;s de Free pour connaitre l&#39;identit&#233; de l&#39;internaute d&#233;tenteur de l&#39;IP&#46; Classiquement&#44; une perquisition s&#39;en suit &#58; son mat&#233;riel&#44; ses cl&#233;s USB&#44; des centaines de CD&#45;Rom&#47;DVD&#45;Rom&#44; quatre disques durs&#38;hellip&#59; sont saisis et analys&#233;s&#44; le particulier est gard&#233; &#224; vue&#46; Pour sa maigre d&#233;fense&#44; l&#39;internaute fait valoir qu&#39;il se constituait une collection&#44; sans avoir le sentiment de commettre une infraction&#44; car il ne proc&#233;dait&#44; affirmait&#45;il&#44;  &#224; aucune diffusion des &#38;oelig&#59;uvres&#46; De fait&#44; il assimilait ses actes aux enregistrements depuis la TV sur magn&#233;toscope&#46; En vain &#40;la copie d&#39;une fraude reste une fraude&#41;&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;L&#39;adresse IP&#44; une donn&#233;e personnelle<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Le tribunal condamnera le pr&#233;venu &#224; 1 mois de prison avec sursis et rejettera tous les moyens de d&#233;fense li&#233;s &#224; un d&#233;faut d&#39;autorisation de la CNIL&#46; Si l&#39;IP est bien une donn&#233;e personnelle dont la manipulation aux fins de lutte contre le piratage exige l&#39;autorisation de la CNIL&#44; expliqueront les juges&#44;  l&#39;agent qui a proc&#233;d&#233; &#224; la constatation &#233;tait officiellement asserment&#233;&#46; Cette qualit&#233; l&#39;assimilait &#224; un agent de police judiciaire qui&#44; lui&#44; est dispens&#233; de cette autorisation&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;La Cour d&#39;appel stoppera nette cette assimilation&#44; b&#226;cl&#233;e &#58; si les pouvoirs des agents asserment&#233;s et ceux des OPJ se confondent en partie&#44; les agents ne sont nullement de vrais auxiliaires de justice comme les OPJ&#46; De fait&#44; l&#39;utilisation de Spyster sans autorisation de la CNIL a rendu irr&#233;gulier le traitement de donn&#233;es&#46; Et&#44; d&#232;s lors&#44; toute la proc&#233;dure subs&#233;quente  s&#39;en trouve remise &#224; plat&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Deuxi&#232;me affaire &#58; un neufnaute<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Dans la seconde affaire&#44; on retrouve encore une enqu&#234;te d&#39;un agent asserment&#233;  qui avait rep&#233;r&#233; en janvier 2005 un internaute en phase d&#39;&#233;change sur LimeWire de titres du catalogue des ayants droit &#40;SACEM et SDRM&#41;&#46; Apr&#232;s rep&#233;rage de son adresse IP&#44; avec le logiciel Visual Route cette fois&#44; l&#39;agent constata la mise &#224; disposition de milliers de fichiers audio&#46; 19 furent t&#233;l&#233;charg&#233;s pour concr&#233;tiser la mat&#233;rialit&#233; des faits&#46; L&#39;agent se connectait ensuite sur www&#46;ripe&#46;net pour d&#233;terminer l&#39;origine de l&#39;adresse IP&#44; qui fut &#171; g&#233;olocalis&#233;e &#187; chez Neuf Cegetel&#46; Le FAI fut contact&#233; en joignant un PV officiel&#44; suivirent le listing des fichiers mis &#224; disposition&#44; les copies d&#39;&#233;cran ainsi qu&#39;un CD&#45;ROM avec l&#39;&#233;chantillon des titres t&#233;l&#233;charg&#233;s&#46; En f&#233;vrier&#44; la SACEM et la SDRM port&#232;rent plainte pour contrefa&#231;on&#46; Peu apr&#232;s&#44; sur r&#233;quisition du parquet&#44; Neuf fournissait l&#39;identit&#233; de l&#39;abonn&#233; et la proc&#233;dure prit son tournant judiciaire&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;L&#39;abonn&#233; indiqua que c&#39;&#233;tait un ami qui t&#233;l&#233;chargeait les titres&#44; qu&#39;il gravait sur CD pour diffusion dans son restaurant&#46; Le principal t&#233;l&#233;chargeur reconnu les faits&#44; mais d&#233;clara qu&#39;il ignorait que le t&#233;l&#233;chargement fut illicite&#44; LimeWire &#233;tant mis gratuitement &#224; disposition&#46; Surtout&#44; il payait les redevances SACEM pour son restaurant&#46; Une perquisition d&#233;nichait effectivement 2890 morceaux de musique chez l&#39;abonn&#233;&#46; Le tribunal constata la contrefa&#231;on et le condamna &#224; 2000 euros d&#39;amende dont 1000 avec sursis en plus de la confiscation de ses CD et de son ordinateur&#46; &#192; quoi s&#39;ajout&#232;rent pr&#232;s de 3000 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts au profit de la SACEM et de la SDRM&#38;hellip&#59;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Le d&#233;faut d&#39;autorisation de la CNIL d&#233;truit tout<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;La Cour d&#39;appel indiqua que conform&#233;ment aux textes les constats des agents asserment&#233;s font foi au regard de la preuve de la mat&#233;rialit&#233; des infractions&#46; Cependant&#44; elle rappelle l&#224; encore que rien ne permet de se passer de l&#39;autorisation pr&#233;alable de la CNIL&#46;&#44; qui a &#233;t&#233; oubli&#233;e &#58; or&#44; l&#39;adresse IP est bel et bien une donn&#233;e indirectement nominative&#44; car &#171; si elle ne permet pas par elle&#45;m&#234;me&#44; d&#39;identifier le propri&#233;taire du poste informatique&#44;  ni l&#39;internaute ayant utilis&#233; le poste et mis les fichiers &#224; disposition&#44; elle acquiert ce caract&#232;re nominatif par le simple rapprochement avec la base des abonn&#233;s&#44; d&#233;tenues par le FAI &#187;&#46; S&#39;ensuit&#44; que tout traitement&#44; aussi infime soit&#45;il&#44; exige l&#39; autorisation pr&#233;alable de la CNIL&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Le couperet est ensuite m&#233;canique &#58; &#171; en l&#39;absence d&#39;autorisation pr&#233;alable de la CNIL pour proc&#233;der &#224; ces op&#233;rations&#44; les constatations relev&#233;es par l&#39;agent et ayant pour finalit&#233; la constatation du d&#233;lit de contrefa&#231;on&#44; commis via les r&#233;seaux d&#39;&#233;change de fichiers &#34;peer&#45;to&#45;peer&#34;&#44; portent atteinte aux droits et garanties des libert&#233;s individuelles que la loi du 6 janvier 1978 a pour but de prot&#233;ger et aux int&#233;r&#234;ts du pr&#233;venu&#46; &#187; En clair&#44; faute d&#39;autorisation de la CNIL dans la manipulation de ces donn&#233;es&#44; c&#39;est toute la proc&#233;dure qui tombe puisque tout &#233;tait bas&#233; sur ce PC ill&#233;gal &#40;perquisition au domicile&#44; au restaurant&#44; etc&#46;&#41;&#46;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;2007 &#58; les ayants droit autoris&#233;s &#224; traquer en masse sur les r&#233;seaux P2P<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Ces d&#233;cisions sont celles d&#39;un pass&#233; aujourd&#39;hui presque r&#233;volu&#46; On doit se souvenir en effet qu&#39;en avril 2005&#44; la SCPP&#44; la SDRM et la SACEM d&#233;posaient une demande d&#39;autorisation &#224; la CNIL visant l&#39;envoi de messages d&#39;avertissements p&#233;dagogiques et la collecte d&#39;adresses IP en vue de la r&#233;pression&#46; En octobre de la m&#234;me ann&#233;e&#44; la Commission rejetait en bloc cette double demande qui ne correspondait pas au texte de la loi de 1978 sur les fichiers personnels&#46; En mai 2007&#44; toutefois&#44; le Conseil d&#39;&#201;tat&#44; plus haut juge administratif&#44; confirmait le rejet du volet p&#233;dagogique &#40;les avertissements&#41;&#44; mais d&#233;savouait la CNIL sur le volet r&#233;pressif&#46; Fin 2007&#44; nouvelles demandes des ayants droit&#44; valid&#233;es cette fois par la CNIL&#44; celle&#45;ci &#233;tant prise dans l&#39;&#233;tau de la d&#233;cision&#46; Par ailleurs&#44; on sait que la future loi Cr&#233;ation et Internet dite Hadopi&#44; va faciliter le mitraillage de ces messages d&#39;avertissements sur le web&#46; Il ne fait peu de doute que ces d&#233;cisions tr&#232;s r&#233;centes p&#232;seront lors des d&#233;bats &#40;notre dossier&#41;&#46; <br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Des d&#233;cisions importantes &#224; quelques semaines du d&#233;bat Hadopi<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;Ces arr&#234;ts restent en tout cas importants&#44; car c&#39;est la premi&#232;re fois qu&#39;une Cour d&#39;appel prononce une telle annulation&#44; alors que des d&#233;cisions contraires&#44; sp&#233;cialement de la Cour d&#39;appel de Paris avait relev&#233; que l&#39;adresse IP n&#39;&#233;tait pas une donn&#233;e personnelle&#46; De plus&#44; la Cour reconnait que les agents de la SCPP ont commis une infraction en se passant de l&#39;autorisation de la CNIL&#46; De telles manipulations sont en effet illicites et r&#233;prim&#233;es de 3 ans d&#39;emprisonnement et 500 000 &#38;euro&#59; d&#39;amende &#40;articles 226&#45;16 et suivants du Code p&#233;nal&#41;&#44; soit plus que la contrefa&#231;on&#46; Bient&#244;t une riposte gradu&#233;e contre les agents asserment&#233;s &#63;<br/>&#13;&#10;<br/>&#13;&#10;&#40;&#42;&#41; On pourra lire les d&#233;cisions sur l&#39;excellent site Juriscom&#46;net &#58; <br/>&#13;&#10;CA Rennes&#44; 22 mai 2008&#44; Monsieur S C c&#47; SACEM et SDRM<br/>&#13;&#10;CA Rennes&#44; 23 juin 2008&#44; Monsieur L T c&#47; Minist&#232;re Public<br/><br/>
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